Alfred de Vergnette prend très au sérieux son rôle de propriétaire viticole et se passionne pour l'agronomie, la viticulture et l'œnologie. Il mène des études sur le terroir des vignobles bourguignons et leurs différents cépages et publie un premier ouvrage consacré à la géologie, la topographie et la climatologie dans la région beaunoise puis un deuxième intitulé Application des observations météorologiques à l'étude de la viticulture.
En 1855, il introduit le drainage dans l'arrondissement de Beaune et préconise le sulfatage des échalas. Vergnette s'intéresse à la vendange puis aux maladies de la vigne, à la congélation et au chauffage du vin, ce qui lui vaut une polémique avec Pasteur, tous deux se prétendant inventeurs du procédé. Il publie en 1867 son ouvrage le plus connu : Le Vin, qui connaît un grand succès et est réédité dès l'année suivante. Il faut ajouter à cela des ouvrages et articles sur l'Emploi du tannin dans le collage des vins, le chauffage des vins, mais aussi de nombreuses communications à l'Académie des Sciences. A la suite d'un rapport du baron Thénard résumant ses travaux, cette même Académie le nomme membre correspondant de l'Institut. Vergnette prend également une part active dans la révision du traité de commerce conclu avec l'Angleterre en ce qui concerne le degré alcoolique des vins pouvant entrer sans surtaxe dans ce pays.
Vergnette s'implique par ailleurs dans le Comité d'agriculture et de viticulture de Beaune dont il est un temps président et dans la Société d'histoire et d'archéologie de Beaune dont il assure la présidence de 1874 à 1886, année de sa mort. Il est en outre président de la Commission départementale d'étude et de vigilance contre le phylloxéra, vice président du Conseil d'hygiène de l'arrondissement de Beaune et membre du Comité de surveillance de l'école de viticulture. Par l'intermédiaire de l'Association vinicole commerciale, il encourage la création de la Chambre de commerce de Beaune.
Propriétaire viticulteur, œnologue, savant et chercheur attaché à l'histoire, Vergnette de Lamotte est éminemment représentatif des travaux du C.H.V.V..
Sonia Dollinger, directrice des archives municipales de Beaune.
Article extrait du Bulletin trimestriel [du Centre d'histoire de la vigne et du vin], n°4, septembre 2001, p. 4.